Mon enfant écrit "mal"

Un enfant qui écrit "mal" ne le fait jamais sciemment

L'enfant qui entre en 1ère primaire est mû par l'envie d'apprendre.

Comment ne le serait-il pas d'ailleurs? Ses parents, ses instituteurs, ses frères et soeurs, bref tout son entourage lui vante la joie immense que vont lui procurer les mathématiques, la lecture et l'écriture.
Il arrive donc en classe avec le regard émerveillé de celui qui va enfin avoir accès aux trésors que renferme ce coffre magique du savoir.
Beaucoup d'enfants sont convaincus qu'ils posséderont ces matières après quelques jours d'école.
Quelle n'est pas leur déception, leur stupeur voire leur angoisse quand ils se rendent compte qu'ils ne comprennent rien de ce qu'on leur donne à lire, écrire ou calculer.

C'est déjà à ce stade que peuvent s'installer le stress et le découragement entraînant inévitablement le blocage.

Il faut se rappeler que le calcul, la lecture et l'écriture sont des tâches de grande envergure qui demandent un apprentissage en douceur partant des acquis de l'enfant pour construire petit à petit les nouveaux savoirs; rien ne sert donc d'écraser les enfants sous le poids d'informations, il faut commencer par le commencement.
On ne jette pas à l'eau quelqu'un qui ne sait pas nager en exigeant qu'il fasse 2 longueurs en nage papillon pour en conclure que si il coule c'est parce qu'il y met de la mauvaise volonté.
De même qu'il ne sert à rien de faire faire des calculs à un enfant qui ne sait pas dénombrer ni écrire les chiffres, de tenter de lui faire lire des mots si il n'a pas appris à reconnaître les lettres ou de lui faire écrire des mots si il n'a pas d'abord appris à former et reconnaître les lettres.

Combien d'enfants de 1ère primaire ne sont-ils pas confrontés à ce tsunami de matières dès les premiers jours de l'année?
L'on s'étonnera ensuite de les retrouver "dans la lune", seule solution pour éviter la noyade.

Combien de fois n'entend-on pas dire: "Il est lent", "Il est distrait", "Il n'écoute pas", "Il écrit mal"...
Il faut donc ici remettre les points sur les i; un enfant qui écrit mal ne le fait jamais SCIEMMENT, si il "écrit mal", c'est qu'il ne SAIT PAS FAIRE AUTREMENT. Il n'a pas le code.
Il est dès lors de la plus grande importance de ne pas se moquer de son incapacité à écrire correctement sous peine de le dégoûter de cette tâche.

Pour nous convaincre de l'envergure de la tâche, essayons, nous qui savons déjà lire et écrire, d'écrire quelques mots en chinois, russe, arabe...
Nous n'y comprendrons rien, nous ne saurons même pas ce que nous écrivons, si nous écrivons dans le bon sens et si nous formons convenablement les caractères.

Prenons donc le temps d'installer solidement les savoirs et vérifions qu'ils soient bien fixés avant de passer aux suivants.
Laissons aux enfants le temps nécessaire pour assimiler les matières dans le plaisir d'apprendre et non dans le stress de la course poursuite à qui aura le cartable le plus lourd et le plus rempli.

La joie d'apprendre se fait dans la légèreté.

Et SURTOUT ne demandons pas aux enfants de maternelle d'écrire, ils ne sont pas prêts pour la réalisation de cette tâche mais préparons-les aux gestes graphiques de l'apprentissage de l'écriture qui leur donneront l'envie d'écrire en primaire.

 

la connaissance, c'est l'expérience, tout le reste n'est qu'information. Einstein

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